Qu'est-ce qu'une MAM ?
Publié le 8 octobre 2026
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Définition de la Maison d'Assistants Maternels (MAM)
Le Code de l’action sociale et des familles autorise l’assistant maternel à accueillir des enfants dans un espace distinct de son domicile. Ce lieu d’accueil porte le nom de maison d’assistants maternels, que l’on appelle aussi couramment « MAM ».
Malgré son cadre collectif, la MAM est un mode d’accueil individuel. Elle n’est ni une crèche ni un établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE). Chaque assistante maternelle s’occupe des enfants dont les parents l’emploient et la garde d’enfant ne se mutualise pas, sauf dans le cas de la délégation d’accueil.
Les professionnelles partagent en revanche la structure, les espaces de jeu et de repos ou encore le matériel. Elles rédigent aussi ensemble le projet d’accueil de la MAM, qui décrit l’organisation de la journée et les activités proposées.
Pour exercer au sein d’une MAM, l’agrément d’assistant maternel est obligatoire. Il est délivré par le Conseil départemental après évaluation du service de protection maternelle et infantile (PMI). Une assistante maternelle déjà agréée à domicile demande une modification de son agrément, qui mentionne alors l’exercice en MAM.
L’agrément impose une formation de 120 heures, dont 80 heures avant le premier accueil, ainsi que la présentation des épreuves EP1 et EP3 du CAP Petite Enfance (CAP AEPE). Les professionnels de la petite enfance qui obtiennent la moyenne à ces deux épreuves voient leur agrément renouvelé pour 10 ans au lieu de 5.
Comment fonctionne une MAM ?
Une assistante maternelle qui rejoint une MAM conserve le statut qu’elle avait à domicile. Elle a le statut de salariée des parents qui lui confient leur enfant et signe avec chaque famille un contrat de travail régi par la convention collective des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile. Ce contrat fixe les conditions d’accueil de l’enfant, en particulier :
- Les jours et horaires d'accueil, avec le total des heures par semaine.
- Le salaire horaire.
- Les congés payés et les périodes d'absence prévues.
- Les indemnités d'entretien et, le cas échéant, de repas.
Chaque mois, les parents employeurs déclarent le salaire de leur assistante maternelle référente sur Pajemploi, le service de l’Urssaf dédié à l’accueil du jeune enfant. Selon leur situation, ils peuvent avoir droit au complément de libre choix du mode de garde (CMG) versé par la CAF, un argument utile à présenter aux familles dès le premier rendez-vous.
La vie en MAM apporte une souplesse que l’accueil à domicile n’offre pas. Grâce à la délégation d’accueil, une assistante maternelle peut confier un enfant à une collègue de la MAM pendant qu’elle accompagne un autre enfant à l’extérieur. Cette délégation exige l’accord écrit des parents, ne donne lieu à aucune autre rémunération et ne dépasse jamais la capacité d’accueil fixée par l’agrément de la collègue.
Pour autant, les parents réservent une place à partir d’une date précise et déposent les enfants à l’heure donnée. De même pour venir les récupérer en fin de journée.
Le fonctionnement de la MAM repose sur le collectif et le collaboratif. Ainsi, pour louer l’espace, partager les charges et percevoir d’éventuelles aides, les assistants maternels créent le plus souvent une association. Ils définissent ensemble les règles de vie commune, des horaires d’ouverture aux périodes de fermeture annuelle en passant par l’entretien de la structure. Sortir de l’isolement de l’accueil à domicile compte d’ailleurs parmi les avantages de travailler en MAM.
Pourquoi choisir une MAM en tant que parents ?
Fin 2023, la France comptait 5 200 MAM, un chiffre en hausse de 10 % en un an selon la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). L’étude qualitative publiée par la CNAF en 2022 sur les pratiques professionnelles en MAM éclaire la raison de ce succès. Les familles y voient un accueil « semi-collectif », qui réunit les atouts de l’accueil individuel et de l’accueil collectif sans leurs inconvénients. D’après cette étude, les parents apprécient en particulier les points suivants :
- L'enfant retrouve chaque jour la même assistante maternelle, avec qui un lien de confiance se construit.
- Il côtoie des enfants d'âges différents, ce qui le prépare à l'entrée à l'école maternelle.
- La structure est à taille humaine, bien plus petite qu'une crèche.
Ces attentes donnes des arguments concrets face aux familles. Un projet pédagogique clair, qui détaille les activités d’éveil et le rythme de la journée, rassure les parents dès leur démarche de recherche pour une place.
Le contexte joue également en faveur des MAM. Dans un secteur où près de 40% des assistantes maternelles prévoient de partir à la retraite d’ici 2030, selon la CNAF, créer ou rejoindre une MAM revient à miser sur un mode d’accueil en plein développement.
Quel est le nombre maximum d’enfants en MAM ?
Le nombre d’enfants accueillis dans une MAM obéit à deux limites qui se cumulent, celle de la maison et celle de chaque agrément. Les textes en vigueur depuis la réforme des modes d’accueil de 2021 fixent les plafonds suivants :
- Une MAM réunit de 1 à 6 assistants maternels, dont 4 au maximum présents en même temps.
- Elles accueillent au plus 20 enfants simultanément, dont 16 de moins de 3 ans.
- Une assistante maternelle n'a jamais plus de 4 tout-petits de moins de 3 ans sous sa responsabilité au même moment.
À l’intérieur de ce cadre, votre capacité réelle dépend de votre agrément. Selon votre expérience et la sécurité du local, le Conseil départemental peut vous autoriser jusqu’à 6 enfants de moins de 11 ans, sans dépasser le plafond prévu pour les plus jeunes. Les locaux sont soumis à leurs propres obligations. Certains départements exigent 10m² intérieurs et 3m² d’environnement extérieur sécurisé par enfant.
Avant l’ouverture d’une MAM, une demande d’information auprès de la PMI ou du Relais petite enfance de votre commune permet de vérifier les règles appliquées localement. Ces plafonds expliquent aussi pourquoi ce mode d’accueil est plus intimiste qu’une crèche ou une micro-crèche.
Quelles sont les différences entre une crèche et une MAM ?
Crèche et MAM accueillent toutes deux plusieurs enfants simultanément mais reposent sur des formats opposés. Ces deux solutions de garde se distinguent sur les points suivants :
Pour un professionnel, ce choix engage tout le quotidien du métier. En crèche, vous êtes salarié d’une structure qui fixe vos horaires et dont certaines places sont parfois réservées par des entreprises pour leurs salariés. Les équipes disposent d’un diplôme ou d’une qualification reconnue, ce qui permet d’accéder à des postes variés pour travailler en crèche. En MAM, vous organisez au contraire l’activité avec les mêmes collègues au quotidien et créez un lien direct avec chaque famille.
Si ce modèle répond à votre besoin d’autonomie, vous pouvez ouvrir une MAM ou en rejoindre une existante avec d’autres assistants maternels. Votre Relais petite enfance propose également un accompagnement gratuit pour obtenir les premières informations sur ce sujet.
Pour finir
Vous savez désormais répondre à la question « qu’est-ce qu’une MAM« . Ce mode d’accueil associe le suivi personnalisé de l’assistante maternelle et la richesse d’un lieu partagé, dans un cadre fixé par l’agrément, que le CAP AEPE prépare en couvrant les épreuves exigées pour l’obtenir.
Questions populaires sur la MAM
Est-ce qu'un auxiliaire puériculture peut travailler en MAM ?
Oui, à condition d’obtenir l’agrément d’assistant maternel, que délivre le département. La MAM ne relevant pas des EAJE comme la crèche, le diplôme d’auxiliaire de puériculture ne suffit pas pour y accéder. Votre expérience auprès des tout-petits est un atout pour exercer le métier d’assistante maternelle au sein de la MAM et certains diplômes allègent la formation obligatoire.
Quel diplôme pour travailler dans une MAM ?
Aucun diplôme n’est exigé pour exercer en MAM. Il faut en revanche obtenir l’agrément d’assistant maternel, après une demande auprès du service de PMI de votre département et une formation obligatoire de 120 heures. Préparer le CAP AEPE vous entraîne aux épreuves imposées pendant ce parcours et vous ouvre à d’autres métiers de la petite enfance. Ce diplôme est éligible au CPF, ce qui simplifie le financement de la formation.
Peut-on toucher le CMG en confiant son enfant à une MAM ?
Oui. Les parents qui emploient une assistante maternelle agréée en MAM peuvent percevoir le CMG, l’aide de la CAF qui allège le coût de la garde, comme pour un accueil à domicile. Depuis la réforme de septembre 2025, son montant dépend des revenus de la famille, du nombre d’heures de garde et de la composition du foyer. Le CMG est versé via Pajemploi, en principe jusqu’aux 6 ans de l’enfant.
Quelle différence entre une MAM et une assistante maternelle à domicile ?
Le statut est identique. Dans les deux cas, l’assistante maternelle détient un agrément et signe un contrat avec chaque famille. Tout se joue sur le lieu d’exercice. À domicile, elle travaille seule chez elle. En MAM, elle partage un local dédié et ses frais avec jusqu’à trois collègues présents au même moment, avec l’avantage de séparer vie privée et vie professionnelle.
Une MAM est-elle une association ?
Pas obligatoirement. La loi n’impose aucune forme juridique, même si beaucoup de MAM optent pour l’association loi 1901, simple à créer. D’autres choisissent une SCI ou une société. Une personne morale facilite la signature du bail, la tenue d’un compte commun et les demandes d’aides auprès de la CAF. Quelle que soit la forme retenue, les parents sont les employeurs de chaque assistante maternelle.


